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 Le Domaine des Dieux

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Clikoo

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Localisation : Au pays des Toupoutous

MessageSujet: Le Domaine des Dieux   Lun 20 Nov 2017, 21:38

C'est l'Eté au dessus de l'océan du Sud. Le temps est chaud, pas un nuage à l'horizon, mais pas plus de navire ou de terre en vue, seul un petit dirigeable blanc comme du marbre tranche avec le bleu du ciel et de l'eau. Un dirigeable d'une quarantaine de mètres venu de Cado, le continent le plus au Sud, emmenant à son bord huit jeunes hommes et femmes de tous horizons, ayant tous le même objectif, en apprendre plus sur l'Art Elémentaire. Certain d'entre eux se connaissaient, d'autre non, mais chacun avait tendance à s'isoler, angoissés des rencontres qu'ils allaient faire, rêvant de ce qu'ils auront gagné de ce voyage, ou simplement se préparant à cet apprentissage. Tous avaient étés recruté il y a moins de dix jours par des personnes particulièrement impressionnantes, des hommes et des femmes dotés de talents dépassant l'entendement, et qui avaient décelé chez ces apprentis un "grand potentiel", expliquant à ceux qui l'ignoraient ce qu'était l'Art Elémentaire, et apprenant l'existence d'un endroit destiné à l'apprentissage le plus poussé de cet art, le Domaine des Dieux.

Le petit dirigeable allait à une vitesse qu'aucun de ces jeunes gens pensait qu'il soit possible d'atteindre avec un tel appareil, ce voyage, au vu de la distance à parcourir, aurait dû durer six ou sept jours, pourtant, au cours du quatrième jour de voyage, une forme se distinguait au loin, et l'on pouvait déjà sentir l’aérostat ralentir. Au fur et à mesure qu'il avançait, cette forme se distinguait, une immense colonne claire sortant de l'eau.

Nous approchons d'Ethal, demeure des Dieux, et cœur de leur domaine. Veuillez rassembler vos affaires et vous préparer à l’atterrissage.

La voix cristalline s'échappant des haut-parleurs donnait le signal que certain attendaient depuis déjà longtemps malgré la rapidité du voyage, le signal de l'approche de la destination tant convoitée. Une partie des voyageurs s'approcha des hublots et de la baie d'observation afin de profiter au maximum de la vue qui allait s'offrir à eux.

La colonne était de plus en plus proche, mais en fait de colonne, c'était une immense tour de marbre, de métal et de verre de trois-cent mètres de haut et d'une centaine de mètres de diamètre, qui sortait de l'océan comme de nulle part. En voyant cela, il était difficile de croire qu'il n'y avait il y a encore deux-cent Cycles qu'un simple petit îlot surplombé d'une citadelle, ni qu'il y avait moins de cinquante cycle une tour similaire avait été quasiment détruite.

Au fur et à mesure que le dirigeable approchait, la tour commençait a se détailler. La base était étendue, et l'on apercevait différents types d’embarcadères, au-dessus d'une douzaine de mètres, le diamètre de la tour se réduisait, et ainsi de suite, de plus en plus haut, jusqu'à ne plus faire qu'une vingtaine de mètres aux derniers étages, surplombée de cinq flèches effilées d'une dizaine de mètres avec une autre au centre de quinze mètres, tel une couronne. A l'extérieur était visible de larges colonnes semblant de marbre, mais sans doute seulement recouvertes de ces pierres car un tel matériau ne saurait soutenir telle structure. Entre les colonnes, d'immenses plaques de verre permettaient d'entrevoir l'intérieur de la tour, et au sommet, au niveau où le diamètre de la tour se réduisait, un balcon semblant accessible, et des arc-boutant supportant les étages supérieurs. Et cela se répétant jusqu'au sommet.

L'immensité de la tour se faisait écrasante alors que le dirigeable était sur le point d'atterrir. Le ballon faisait une dizaine de mètres de haut, et semblait vraiment ridicule face à cette grandeur. Il se dirigeait vers la seconde section, qui était comportait d'immenses ouvertures, ces ouvertures assez grandes pour faire entrer de petits dirigeables servait donc d'aérodrome, et l'engin entrait dans l'une d'elle, lentement.  L'ouverture était juste assez grande pour pouvoir passer. Les flancs de l'aérostat étaient entourés de colonnes de marbre, et entre les colonnes, des cascades et des plantes grimpantes donnaient un aspect idyllique a un tableau déjà grandiose.

Enfin, l'engin s'arrêta au niveau d'un quai métallique parfaitement entretenu.

Nous voici arrivé à Ethal, veuillez descendre de l'appareil dans le calme s'il vous plais.

La voix intimant l'ordre de descendre, les jeunes gens s'exécutèrent, les uns après les autres se plaçant sur le quai, au bout duquel attendait une femme d'age moyen, vêtue d'une longue toge blanche. Ses cheveux blonds, plutôt court, étaient grisonnants. Ses traits légèrement ridés trahissaient son age, et ses yeux maintenus clos ne permettaient pas d'en voir la couleur. Il se dégageait d'elle comme une aura de calme et de plénitude. A peine voutée, elle se tenait debout, semblant attendre que tout les voyageurs soient descendus, un léger sourire accueillait les visiteurs, se tenant les mains devant la poitrine. Puis, une fois tous à quai, elle inclina légèrement la tête vers l'avant en prenant la parole.

Messieurs dames, bienvenue au Domaine des Dieux, lieu de tous les possibles. Ethal vous ouvre ses portes vers une sagesse infinie.

C'était la même voix que celle qui s'échappait du haut-parleur, pourtant, elle n'était pas du voyage. Et même si elle se trouvait à plusieurs mètres des nouveaux arrivants, sa voix claire était parfaitement audible de tous, et pourtant elle semblait parler doucement, calmement, sans pousser pour être entendue de ceux qu'elle accueillait.
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Heathcliff

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MessageSujet: Re: Le Domaine des Dieux   Mar 13 Fév 2018, 17:28

« ... Hé. »

Le soleil frappait sur les vitres, rendant les lieux incroyablement lumineux malgré la taille minime de la pièce. On ne demandait pas un grand luxe pour une telle traversée, une banquette et quelques tiroirs pour ranger les objets les plus importants suffisaient, bien qu'il avait été mis à disposition des voyages un bureau pour les plus travailleurs. Après tout, n'importe qui pouvait entreprendre ce voyage : un marchand, un artiste, un artisan, un entomologiste peut-être. Et compte tenu des heures d'attente, il valait mieux se munir d'une occupation valable, ou l'on se retrouvait sur la banquette à dormir tout du long de la traversée à défaut de mieux.

« Hé. »

Oh, bien sûr, il y avait des occupations diverses pour les voyageurs, comme un bar servant diverses boissons et quelques repas, le strict minimum pour ceux qui venaient en ces lieux en vérité, sans parler de l'accès constant aux véhicules de ceux qui étaient venus ainsi, les quelques endroits de rencontres comme les balcons permettant de regarder l'extérieur se défiler.. Bon, il n'y avait pas grand chose à voir, après avoir aperçu quelques étendues d'eau et deviné les nuages au milieu de cette vitesse hors norme, mais apparemment certains ne se lassaient pas de constater qu'ils allaient incroyablement vite. Comme dans 'incroyablement vite". Je vous ait dit que le dirigeable est incroyablement rapide ? Rapide comme vite hein !

« Hé ! »

Beaucoup de voyageurs cependant préféraient rester au calme, peu se mêlaient les uns aux autres au final, d'autant que l'issu du voyage était un défi pour la plupart. Un défi qui nécessitait un temps de méditation, tantôt pour se calmer, tantôt pour...

« ...
ZAP !
-WOUARGH ?!

SPLAF ! Dans un sursaut inattendu le corps étalé sur la banquette s'était soulevé de plusieurs centimètres avant de se retourner et de s'étaler face contre terre au sol un bon mètre plus bas. La chute avait était bruyante malgré l'absence d'objets lourds pouvant accompagner cette glorieuse avalanche corporelle. Un bruit de fracas sourd qui sembla satisfaire la responsable, car la grande femme aux cheveux de jais relevés en un élégant chignon décoiffé laissé échapper un rire hautain face au déchet humanoïde qui rampait alors à ses bottes noires. Elle se pencha en avant, son dos nus à la peau couleur de sable se cambrant de façon sensuelle alors qu'elle posait ses fins yeux de sang sur sa victime : un sourire moqueur s'étirait sur ses lèvres roses, sans le moindre regret pour son acte sournois.

« Oh, tu es réveillé mon chou ? J'ai failli repartir.
-Kiiii... !! »


L'homme à terre se releva d'un bond en un geste martial parfaitement maîtrisé mais visiblement entièrement dû à la colère : si la jeune femme ne s'était pas redressée et reculée d'un pas en rythme avec son mouvement, il se serait sans doutes cogné contre elle, soit en lui donnant un coup de boule dans le ventre - ce qui l'aurait sans doutes arrangé mais qui déplaisait étrangement à la femme - soit en percutant directement le crâne de la demoiselle, et cela il n'aurait pas été sûr de gagner face à la tête de plomb face à lui. Il darda un regard foudroyant sur la demoiselle : bien qu'il possèdent la même peau de sable que celle-ci et partage avec elle ses yeux d'un rouge vermeille insoupçonnable, et bien qu'ils inspirent tous deux la même impression, comme une ambiance trop semblable près d'eux, ils étaient radicalement différents. Il ébouriffa sa chevelure blanc argent, qui retombait en bataille sur son crâne et s'achevait en une queue de cheval - une queue de raz selon les mots de la femme - à l'arrière de sa nuque, dans un geste de frustration colérique.

« Kieriuz !!
-C'est moi.
-Je vais te tuer ! »


Toutes griffes et crocs dehors, il bondit en avant comme pour l'étrangler ou la mordre, on n'aurait trop su dire tant le mouvement fut violent et désordonné, mais ladite Kieriuz ne se laissa pas impressionnée : lorsque le visage du jeune homme aux traits tirés, certes par la colère mais aussi par la forme appointée de son visage, se retrouva proche du sien, elle lui sourit tranquillement, et alors que les mains de l'homme allaient se refermer sur elle elle se laissa soudain tomber et disparu de son champ de vision. Il n'eut que le temps d'écarquiller ses yeux avant de sentir des doigts s'entremêler avec les siens, puis un violent coup s'abattit dans son estomac. L'arrière de son corps fut expulsé en hauteur, ses jambes passèrent par dessus sa tête, et le souffle coupé il se retrouva percuté contre le mur duquel il glissa, se retrouvant les épaules contre le sol et le séant ancré dans le mur. Kieriuz, elle, se releva paisiblement, époussetant sa jupe violette imitant des ailes de chauve-souris. Elle croisa les bras sous son opulente poitrine, riant jovialement.

« Tu vas toujours beaucoup trop vite, tu sais que je préfère quand on prend notre temps...
-Shiros ?! »


La porte de la chambre s'ouvrit à la volée. Kieriuz releva la tête pour croiser les yeux d'une autre jeune femme. Possédant une peau de porcelaine à peine rosée, elle faisait presque tâche dans le décor, sans parler de ses longs cheveux violets noués en une épaisse queue de cheval haute et ses yeux vairons, l'un lilas et l'autre doré. La jeune femme cligna des yeux en voyant devant elle sa compagne de voyage.

« ... Kieriuz ?
-Bonjour Harveyna »
, gloussa Kieriuz de sa voix grave.

Harveyna releva un sourcil et baissa la tête, balayant le sol du regard jusqu'à trouver ledit Shiros, toujours la tête à l'envers, en train de pondérer sur son sort et la raison de celui-ci.

« ... Qu'est-ce que t'as encore fait Shiros ?
-Que J'AI fait ?! »


Shiros se laissa tomber sur le côté pour se relever soudainement, toujours à genoux pour ne pas s'étaler au sol après ce relèvement trop brutal évidemment sans parler du choc qu'il avait dû ressentir suite à la prise de Kieriuz, pointant cette dernière du doigt avec un air particulièrement furieux, tant et si bien que ses joues et son front étaient devenus presque aussi rouges que ses yeux, en témoignaient les deux cicatrices en griffures rougeoyantes qui barraient son œil gauche, en miroir par rapport à l'entaille à l’œil droit de Kieriuz, à se demander s'ils ne s'étaient pas fait ces blessures entre eux à force de se battre à en voir leurs longs ongles et leurs dents pointues. Harveyna avait l'impression de surveiller deux chats qui ne s'entendaient pas...

« Cette FOLLE vient de m'envoyer une décharge !!
-Ce n'était qu'un coup de jus
, corrigea Kieriuz avec un rire hautain et un petit regard désolé comme on le lance à un idiot ayant fait une erreur évidente.
-Kier, on n'est pas censés utiliser vos... Tours de passe-passe dans l'aérostat. »

Kieriuz tourna la tête vers Harveyna, prenant un air d'incompréhension et de surprise trop innocent pour être vrai.

« A ce niveau ce n'est qu'une réaction purement physique !
-Mais je vais te la... ?!
-Nous approchons d'Ethal, demeure des Dieux, et cœur de leur domaine. Veuillez rassembler vos affaires et vous préparer à l’atterrissage. »


Le trio releva les yeux comme si cela avait pu leur permettre un seul instant de savoir qui venait de parler. Ils le savaient déjà, évidemment, mais comme tout le monde ils avaient ce réflexe de regarder dans la direction de la provenance du bruit comme pour croiser le regard d'un interlocuteur mystérieux. Ils rabaissèrent la tête et Harveyna et Shiros poussèrent un long soupir à l'unisson : entre les farces de Kieriuz, les colères de Shiros, et en somme toutes les interventions que Harveyna avait dû faire au cours de ces quatre jours de voyage, ils se sentaient plus épuisés que si le voyage avait réellement duré la semaine de distance réelle qui les séparait du fameux Domaine des Dieux. Ils s'approchèrent du hublot, observant l'extérieur avec des regards curieux. Le paysage avait enfin ralentit, ils n'y avaient pas fait attention contrairement à ceux qui étaient restés observer l'extérieur comme si leur vie en dépendait. Il était à présent possible de distinguer les ombres des nuages et les reflets sur l'étendue d'eau sous eux. Ils échangèrent à nouveau un regard puis en silence se séparèrent, chacun rejoignant sa chambre pour réunir les affaires et se préparer à descendre.

Lorsqu'ils rejoignirent la salle de débarquement, le dirigeable atterrissait tout juste, et les quelques autres personnes présentes faisaient ressentir toute la tension de cette attente interminable qu'ils avaient subi ces derniers jours. Par les fenêtres, on pouvait apercevoir d'imposantes colonnes étincelantes, accompagnées de cascades à couper le souffle faisaient s'entremêler des filets d'eau avec des plantes grimpantes verdoyantes. Harveyna ne pouvait détacher son regard du spectacle, ne prêtant pour une fois aucune attention à ses deux compagnons de voyage qui se chamaillaient à demi-mot. L'engin s'immobilisa alors complètement, et peu à peu s'ouvrit, laissant entrer une forte lumière. Malgré la luminosité constante de l'aérostat, il fallait avouer que la lumière du soleil prise de plein fouet à la sortie pouvait éblouir n'importe qui, surtout Shiros et Kieriuz qui plaquèrent leurs mains à leur front pour protéger au mieux leurs yeux habitués à l'obscurité au cours des précédents cycles.

« Nous voici arrivés à Ethal, veuillez descendre de l'appareil dans le calme s'il-vous-plait. »

Personne n'osa contredire la demande qui leur était faite. Après que Harveyna se soit assurée que Shiros et Kieriuz pouvaient regarder où ils mettaient les pieds, ils avancèrent tous trois avec leurs affaires entre les jeunes gens qui sortaient sur le quais métallique. A l'extérieur, une femme patientait, attendant que silence et calme se fasse dans le petit groupe nerveux. Ceci fait, ses lèvres s'écartèrent très légèrement, et un filet de voix s'en échappa. C'est d'abord ce que crut entendre Harveyna, avant de se rendre compte que le courant de voix de la femme venait directement couler dans ses tympans. Elle plaqua une main sur son oreille, sentant une frisson dans son dos, comme si elle craignait d'avoir quelque chose dans la tête : étrangement cela la mettait affreusement mal à l'aise.

« Messieurs dames, bienvenue au Domaine des Dieux, lieu de tous les possibles. Ethal vous ouvre ses portes vers une sagesse infinie. »

Un soupir rieur s'échappa de la droite d'Harveyna. Elle tourna la tête, détaillant ses deux compagnons de voyage : Shiros avait croisé les bras et plissé le nez, observant la femme en silence bien que le rire sembla provenir de lui. Il se tenait droit, bien plus que tout à l'heure après avoir percuté son dos en tous cas, et avait entouré son cou de deux foulards, un rouge clair un peu court qui retombait vers l'avant, et un second noir qui chutait dans son dos en deux ailes de chauve-souris. Harveyna n'avait jamais trop compris le délire de ces deux-là, mais elle ne cherchait pas à contredire leurs goûts vestimentaires, même si les pièces d'armure dorées de Shiros sur ses vêtements abimés avaient quelque chose de kitsche et que les pièces d'armure noire de Kieriuz ne semblaient pas défendre grand chose en ne couvrant que sa poitrine, ses hanches, ses bottes et ses gants, laissant jambes, bras, ventre et dos visible, sans parler de son décolleté plongeant... Mais elle connaissait assez les deux personnages pour savoir que leurs armes respectives, à savoir un espadon pour Shiros et un fouet pour Kieriuz, n'étaient pas là pour la décoration. Malgré tout, et malgré toute la puissance que Harveyna lui connaissait, Kieriuz semblait moins désabusée que Shiros, ayant porté sa main à sa bouche d'un air agréablement surpris et impressionné par ce qu'elle entendait. Alors cette voix aussi faisait partie de ces tours de passe-passe ?

Les expressions des deux jeunes gens changèrent soudain. Shiros fronça soudain les sourcils tandis que ses paupières s'écartaient et ses yeux s'écarquillaient. Il pinça les lèvres, et une incompréhension totale mêlée à une grosse surprise vint se peindre sur ses traits, ses doigts se crispant sur ses bras. Il avait même eut un léger recul de la tête. Kieriuz, elle, referma les doigts de sa main qui étaient plus tôt tendus devant ses lèvres, pinçant l'index notamment en retenant un rire. Elle avait retroussé les lèvres vers l'intérieur, Harveyna se doutait qu'elle devait se mordre la lèvre inférieure car celle-ci formait des plis anormaux pour l'épaisseur des lèvres de la jeune femme, et un de ses yeux semblait légèrement plus fermé que l'autre, en somme son rire avait un semblant de douleur. Oui, elle intimait un "Ouch" assez moqueur. Harveyna releva un sourcil face à ces deux expressions avant de tourner lentement la tête : derrière la femme qui les avait accueilli, une imposante forme bleutée flottait paisiblement. Harveyna écarquilla les yeux.

« PIYO ! »

Comme une tornade, Harveyna se précipita et passa à côté de la femme aux yeux fermés sans lui accorder un autre regard et s'élança sur la masse qui se trouvait un peu derrière elle. La chose se laissa emporter sur un bon mètre avant de se stabiliser, restant insensible et froide aux frictions de joue que Harveyna appliquait sur sa surface. Et pour cause : il s'agissait d'un poulpe de glace, une créature qui n'était pas extrêmement courante et composée de l'essence même d'un des éléments qui composaient l'aura. A dire vrai, sans l'existence de cet étrange poulpe composé de glace, Harveyna n'aurait probablement pas entreprit ce voyage avec Shiros et Kieriuz, malgré le fait qu'elle se sentait responsable de ces deux derniers à cause des disputes qu'ils avaient souvent. En tous cas elle s'accommodait fort bien de sa présence, bien mieux que des tours de passe-passe des deux autres, à savoir leurs auras respectives, et avait même finit par nommer la créature, la considérant presque comme un adorable petit animal de compagnie... Même si les assauts affectifs de la jeune femme laissaient le poulpe de marbre. Pardon, de glace.

Shiros et Kieriuz échangèrent un regard et poussèrent un léger soupir, le premier de dépit et la seconde d'amusement, avant de hausser les épaules. Ils ne pouvaient pas reprocher à Harveyna son comportement, après tout elle avait besoin de ses moments de détente, et elle n'était pas réellement venue au Domaine des Dieux pour la même raison qu'eux à l'origine, elle avait plus le rôle d'accompagnatrice. Jugeant d'un commun accord qu'il valait mieux la laisser tranquille, ou plutôt l'ignorer, ils reportèrent leur attention sur l'accueillante voix, faisant passe sur les piaillements de Harveyna qui était littéralement collée à Piyo malgré le froid qu'elle devait ressentir. Peut-être qu'elle était collée à lui à cause du froid d'ailleurs...



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Clikoo

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MessageSujet: Re: Le Domaine des Dieux   Sam 07 Juil 2018, 17:36

A bord du petit dirigeable, on pouvait voir des personnes très actives tandis que d'autres étaient calfeutrés dans leur compartiment. Une très forte odeur de transpiration s'échappait d'une des portes à chaque, et pourtant, personne ne semblait y être entré, aucun bruit n'en sortait, comme si la cabine avait été hantée par quelque esprit d'une personne ayant trouvé la mort lors du périple qui attendait les voyageurs. Tous, après tout, savaient qu'il y avait un risque, bien qu'il ne soit minime, de ne pas pouvoir rentrer chez soit.

La porte juste à coté, quand à elle, laissait paraitre une délicate odeur de roses. Un jeune couple y avait déposé bagages et l'on pouvait régulièrement les voir admirer la mer en soupirant depuis la baie d'observation. Ils ne se séparaient jamais, leur mains semblant en permanence soudées l'une à l'autre. L'un comme l'autre semblait tout droit sortir d'un conte de fée. L'homme, au physique d’Apollon et au teint légèrement hâlé, se tenait toujours droit. Son costume noir toujours parfaitement repassé et porté avec élégance montrait son grand raffinement. Aucun bijoux sauf une montre dont la chaîne d'argent tombait sous sa ceinture, et une bague d'argent à son annulaire. Ses cheveux brun parfaitement coiffés, embellissaient un visage fort, à la mâchoire forte et au menton carré. Ses yeux bleus profonds brûlaient d'un amour perpétuel pour la jeune femme qu'il tenait dans ses bras musclés. La jeune femme, quand à elle, portait avec une certaine classe la taille mannequin. Grande et élancée, ses formes parfaites étaient accentuée par une robe blanche en tulle, une l'hermine qu'elle portait sur ses épaules renforçait son élégance naturelle. Sa coiffure semblant faite d'or ondulait avec légèreté, et était surplombée d'un petit chapeau blanc dentelé. Son visage fin et ses lèvres roses sur sa peau pâle lui donnaient un air juvénile, et ses grands yeux bleus entourés d'un maquillage léger reflétaient le visage de l'homme qu'elle dévorait du regard.

Le dernier des passagers était bien plus discret, il sortait peu, et semblait toujours enfermé dans les livres qu'il lisait. Même lorsqu'il se déplaçait, son nez restait collé entre les pages d'un ouvrage de la plus haute volée, ou du plus raz de terre des magasines People. Durant tout le voyage, on pouvait le voir errer dans le dirigeable, évitant sans même regarder tout obstacle qui pouvait se présenter devant lui. Habillé simplement, il ne semblait pas vraiment faire attention à son apparence, et le véritable nid à oiseau qu'était ses cheveux bruns le prouvait bien. Un pantalon en toile marron et une chemise bordeaux froissée un poil grande, des chaussures bateau sombres, il était à son aise et ne risquait pas la surchauffe. Il était cependant difficile de voir son visage derrière son livre, et c'était finalement bien cet attribut qui le représentait le plus, sa silhouette, au demeurant dynamique, était si courante que n'importe qui aurait finalement pu se placer derrière ce livre.

Nous approchons d'Ethal, demeure des Dieux, et cœur de leur domaine. Veuillez rassembler vos affaires et vous préparer à l’atterrissage.
-Regarde...

Sur la baie d'observation, la voix profonde mais douce du première amant se faisant entendre.

Regarde cette tour mon amour.
-Oui mon chéri, c'est là-bas que nous allons passer notre Lune de miel.

La voix élégamment aiguë de la jeune femme s'accordait parfaitement avec celle de l'homme, leur dialogue en était presque chantant.

Ce sera...
... le plus beau jour...
... De notre vie.


A l'unisson, les deux soupirants regardèrent au loin la tour s'approcher deux, des étoiles dans les yeux, avant de se rendre dans leur cabine afin de se préparer tel que la voix dans les hauts-parleurs l'avait demandé.

Enfin, le véhicule atterrit. Dans la salle de débarquement, tous étaient là, Harveyna observant le paysage, Shiros et Kieriuz se chamaillant. Les deux amants, eux-aussi admiraient la splendeur de l'endroit, tandis que le rat de bibliothèque trainait derrière lui une valise à roulette attachée à sa ceinture, ses deux mains tenant toujours un livre devant son visage. Et enfin, les porte s'ouvrirent.

Nous voici arrivés à Ethal, veuillez descendre de l'appareil dans le calme s'il-vous-plait.

Et ainsi, tous descendirent dans le calme. Le littéraire, puis, le dynamique trio, et enfin le couple roucoulant.

Messieurs dames, bienvenue au Domaine des Dieux, lieu de tous les possibles. Ethal vous ouvre ses portes vers une sagesse infinie.

Tous semblaient effectivement impressionnés par la femme qui se tenait devant eux, tous, sauf le lecteur assidu qui n'avait toujours pas levé son nez de son livre, cependant, le son régulier qu'émettaient les pages en tournant s'était bel bien arrêté. Les deux amoureux regardaient leur hôte avec une certaine admiration, comme s'ils comprenaient exactement ce qu'il se passait, même si l'admiration était probablement le seul sentiment à avoir en une telle situation... Tous savaient que cet endroit, et le continent qui embrassait cette île, avait quelque chose d'exceptionnel, voire de "magique". La légende disait que l'on pouvait y trouver une forêt qui brûlait infiniment sans se consumer, qu'il y avait une île où régnait un froid polaire malgré sa position tropicale, qu'une montagne était couverte d'un orage permanent, et même qu'une ville avait été bâtie sous la surface de l'océan. Mais il était difficile de démêler le vrai du faux, tant les légendes courant sur le Domaine des Dieux semblaient incroyables, et pourtant, quiconque étant versé dans l'Art Elémentaire savait que toutes ces choses étaient du domaine du possible, bien qu'improbable.

Amour?!
-Chéri?!
-Qu'est-ce que...
-Tiens, bonjour vous.

Les expressions, qui jusque là étaient plutôt tendues, changèrent du tout au tout lors qu'une forme étrange et bleutée se déplaçait derrière la femme de l'accueil. Le couple semblait circonspect, les jeunes gens au teint de sable semblaient amusés, tandis que le bibliothécaire lui-même releva le nez de son livre, révélant deux petits yeux violets et cernés contrastant avec une peau d'une pâleur cadavérique. Enfin, l'hôte s'était tournée vers cette forme sans surprise, comme si elle savait qu'elle fut déjà là. Elle lui tendit ensuite la main comme pour la saluer. Il s'agissait d'une créature étrange, un poulpe élémentaire.

Ce genre de créature était extrêmement rare, et peu étaient ceux qui en avait déjà vu. Ces créatures, aussi intelligentes que les Hommes, étaient elles-aussi capable de manipuler leur Aura, et donc, de pratiquer l'Art Elémentaire. Il en existait différentes formes, toutes affiliées à un élément particulier, et il était possible de déduire cet élément par leur couleur, ici, sa couleur cyan et l'air qui se condensait autour de lui trahissait le poulpe de glace. Pourtant, aussi étranges soient ces êtres, ils n'étaient pas natifs du Domaine des Dieux, bien que leur origine soit toute aussi méconnue que leur leur nature même.

L'hôte accueillante était à ce point à son aise avec le poulpe qu'elle se comportait avec lui comme avec n'importe quel autre humain, après tout, eux aussi avaient des sentiments et étaient doués de logique.

Bienvenue à vous aussi, il est rare de v...
-PIYO!

Avant même qu'elle ne termine sa phrase, une des visiteurs surgit pour attraper le poulpe au vol telle une tornade violette. Harveyna s'était jetée sur la pauvre créature et se frotta à lui comme s'il s'agissait d'une simple peluche de glace. En le froid et la texture gluante, on aurait pu croire que n'importe qui ou presque éviterait ce genre de contact, mais on pouvait donc classer cette demoiselle dans les "ou presque".

La femme, quand à elle, restait stoïque devant ce spectacle, et, gardant son calme, s'adressa à nouveau au poulpe, bien qu'à nouveau, tout le monde entendait parfaitement ce qu'elle disait.

Je disais donc, il est rare de voir un poulpe élémentaire, même ici, j'espère que vous trouverez ce pourquoi vous êtes venu.

Reprenant une légère inspiration, elle repris ensuite son discours.

Soyez habitué à voir ce genre d’événement particuliers, il se pourrait qu... Tient, vous avez enfin trouvé la sortie du dirigeable?

Bien qu'elle n'ouvrit toujours pas les yeux, on pouvait facilement savoir qu'elle dirigeait son regard vers la porte du véhicule par lequel les voyageurs étaient sortis. Il y avait là un véritable mastodonte, la tête penché en avant pour passer une porte qui faisait pourtant deux mètres de haut. Un mastodonte en tenue de sport bleue foncée, portant un simple sac de sport de même couleur, au visage juvénile trahissant son jeune âge, il ne semblait pas avoir plus de dix-huit Cycles, et pourtant faisait bien son deux mètre dix de haut et était large comme deux hommes. Une véritable bête au visage d'enfant dont les cheveux châtains clair dégoulinaient de transpiration. Ses vêtement étaient cependant secs, il venait donc juste de se changer.

Pardon madame, je voulais prendre une douche avant d'arriver, mais elle était trop petite, après, j'ai quand même voulu mettre du déodorant pour pas gêner les autres, mais je ne le trouvais pas dans mon sac, puis j'ai voulu sortir, mais j'ai pas trouver tout de suite, et enfin je suis arrivé, mais vous aviez déjà commencé à parler, et j'avais peur de vous déranger madame.

Sa voix, bien que tout à fait mature, était quand même un peu fluette, et on pouvait sentir une certaine naïveté et simplicité d'esprit en l'écoutant parler. Son visage aux traits juvéniles transpirait l’honnêteté et l'on pouvait sentir à quel point ce garçon était désolé.

Ce n'est pas grave mon garçon, joignez-vous donc à nous.

Son sourire se voulait le plus rassurant possible. Tout en lui faisant signe de s'approcher, elle fit un geste de la main, et, presque instantanément, le jeune homme fut séché par une bourrasque de vent provenant de sous celui-ci. Sous les yeux toujours aussi attentifs des visiteurs.

Je me présente, je suis Meredith Flaii, spécialiste dans l'Art Elémentaire de l'air, et votre guide pour cette journée, je vais vous conduire à vos quartiers, mais avant cela, j'aimerai que chacun de vous se présente, me donne ses nomen, éventuellement son Aura, et enfin ce qui l'a poussée à venir ici, en commençant par vous.

Ce disant, elle fit un signe à Harveyna comme pour que ce soit à elle de commencer.
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